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Face à la crise, les CFA doivent en faire plus pour les jeunes

1er octobre 2021


L’impact économique de la crise de la Covid-19 fragilise les entreprises, qui décalent leurs projets de recrutement. Le dispositif de l’apprentissage est confronté un risque de « surstockage » de jeunes par les Centres de formation d’apprentis (CFA). Ces derniers doivent s’engager plus pour augmenter l’employabilité des jeunes.

Le brutal retournement de la conjoncture économique dû au coronavirus n’a pas fini de produire ses effets dévastateurs. Comme sur le plan sanitaire, où les vagues de contamination semblent vouloir se succéder les unes aux autres, l’économie voit déferler depuis mars 2020 la chute de la production industrielle, le bouleversement de chaînes d’approvisionnement, le freinage important de la consommation des ménages, le report d’investissements…

Des aides significatives pour l'apprentissage...

Ces dégâts économiques touchent bien sûr l’emploi, notamment celui des jeunes. Alors que 800.000 d’entre eux arrivaient sur le marché du travail en septembre dernier, Pôle Emploi relevait 92.000 inscriptions supplémentaires de jeunes auprès de ses services ces six derniers mois. Certes, les aides de l’État servent d’amortisseur, avec une prime pouvant aller jusqu’à 4.000 euros pour l’embauche d’un jeune. Le plan 1 jeune 1 solution, lancé en juillet dernier pour inciter les entreprises à embaucher, veut leur faire profiter de mesures promotionnelles limitées dans le temps.

L’apprentissage n’est pas en reste, avec une aide exceptionnelle de 5.000 euros pour recruter un jeune de moins de 18 ans ou de 8.000 euros pour un alternant de plus de 18 ans, quelle que soit la formule de contrat choisie (apprentissage ou professionnalisation). De fait, le ministère du Travail, de l’emploi et de l’insertion pointe que 314.000 nouveaux contrats d’apprentissage ont déjà été signés à la mi-octobre contre 353.000 sur toute l'année 2019. La ministre Elisabeth Borne espère même battre le record de 2019.

... Mais les entreprises peinent à recruter

Certes, gouverner c’est prévoir – avec le plus d’optimisme possible. Mais il est craindre que ce dernier soit douché par le freinage continu de l’activité économique. Près de 150.000 jeunes sont en recherche d’un contrat en alternance depuis la rentrée, et beaucoup d’entre eux éprouvent beaucoup de difficultés pour trouver une place dans une entreprise.

Un sale coup pour l’apprentissage, dont la formule commençait à prendre après 40 ans de chômage massif des jeunes. La conversion du patronat était faite, celle des jeunes et de leur famille également : l’alternance sortait enfin du cliché d’une solution pour des filières professionnelles défavorisées, et n’était plus assimilée à l'échec scolaire et aux métiers manuels. Aujourd’hui, l’essentiel de la progression de l’apprentissage concerne des jeunes préparant des diplôme de l’enseignement supérieur.

Un « surstockage » de jeunes dans les CFA

Le contexte actuel conduit donc des dizaines de milliers de jeunes dans un couloir vers l’emploi dont personne ne connaît vraiment la longueur. Inscrits dans des CFA qui sont censés leur apporter une aide efficace dans la recherche d’un employeur, ces jeunes doivent pouvoir compter sur un engagement plus fort de ces structures. En effet, personne ne peut se satisfaire de la situation actuelle, avec un « surstockage » de jeunes conduisant inexorablement vers le chômage pour un trop grand nombre d’entre eux.


Ce que devraient faire les CFA

A l’appui de la signature d’un contrat, les CFA devraient être en mesure de délivrer une information complète sur le déroulement du contrat d’apprentissage, en détaillant les futurs droits et devoirs de l’apprenti, ainsi qu’un référentiel complet sur les examens, certifications ou diplômes préparés ou éventuellement envisagés.

Allons plus loin : les CFA devraient également s’engager à définir et mettre en place avec chaque jeune un plan d’action personnalisé pour la recherche de contrat comprenant :

- des modules de formation découverte de l’entreprise et du secteur professionnel ;
- une mise à disposition autant que de besoin des ateliers présentiels ou distanciels recherche de contrat ;
- un positionnement et/ou une évaluation pré-formative à la préparation du diplôme ciblé ;
- un accompagnement social du jeune avec le concours des services sociaux ;
- l’animation d’un projet collectif motivant ;
- des bilans d’étape permettant de mesurer la progression du jeune ;
- en cas d’abandon de l’apprentissage, une orientation du jeune vers les structures adéquates : missions locales, Pôle Emploi, services universitaires…

En fin de parcours, c’est à dire quand le jeune rompt un contrat en entreprise, le CFA délivrerait une attestation d’assiduité et éventuellement descriptive des acquis dans les modules de formation, voire des certificats de compétence. Cela traduirait le chemin parcouru par le jeune dans ce « sas vers l’emploi » et les engagements pris par les CFA pour leur fournir un bagage utile lors de leurs premiers pas en entreprise. Au-delà, cette mobilisation témoignerait d’une volonté de faire mentir les prévisions les plus sombres, et adresserait un pied-de-nez bienvenu à ce virus dévastateur.

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